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  • Olivier Pahud

Le Pierre qui cache la montagne...

Les loups sont de retour à Genève. La patte blanche ne nous enfarine plus !


Pierre le loup est de retour à Genève. Ne lui jetons pas la pierre, le loup est déjà condamné. Bien sûr il a fait appel, appel au peuple. Le procès est public, c’est le citoyen qui doit décider s’il faut le tirer, retirer le caillou dans la botte de Saint-Pierre. Dans les faits, cela aurait plutôt été à lui de se tirer au lieu de vouloir se faire passer pour l’agneau qu’il n’est plus. Le talent est d'argile.


Démissionner pour se représenter, voilà bien une manœuvre politico-politicienne ; alors que le citoyen doit sauver son emploi, son logement, son entreprise, son parent, son enfant, voilà encore qu’on lui demande de sauver son monarque. Qu’il se représente, oui, en 2023. A agir ainsi, il use des autres candidats comme simples faire-valoir à sa propre gloire ; sans concurrence, point de gagnant haut la main, pour autant que cela soit encore possible pour cette bête aux dents aiguisées, dont sa meute ne veut déjà plus.


Suffit, ne jetons pas trop la pierre à l’animal déjà à terre. Car, plus généralement, nous savons tous qu'il y a un véritable loup ! C’est le Pierre qui cache la montagne, la pointe d’un iceberg qui nous coule tous. Débattant sa noyade, Maudet a usé de mots qui vous glacent ; tout cela ne serait pas si grave ! A croire que le liquide frais coule à flots, que tout élu est amené à se tromper de quelques zéros, de carte plastique, quitte à faire sauter le trésor public.


Ce n’est pas au vieux magicien qu’on apprend l’art de l’illusion. L’affaire Maudet n’est qu’exécution rondement menée sur un animalpha devenu dérangeant. C’est bien connu, les loups chassent en meute. Leur chef n'a pour siège que trône éjectable. Peu importe l'organisation, le sang doit continuer à nourrir. A trop dévorer ses brebis, il arrive un point où le troupeau de la multitude s’en aperçoit.


L’homme se prétend au-dessus de l’animal. Pourtant, il n’a su voir la meute avancer à pas de loup. Celle-ci s’en est pris aux brebis isolées, effaçant toutes traces de leurs festins égoïstes pour s’assurer que le garde-manger ne s’en alarme. Pierre est tombé, qui nous fait voir la montagne. L’illusion d’optique tape à l’œil. La patte blanche ne nous enfarine plus. Nous n’échapperons aux rouges grandes dents des mères-grands qu'en évoluant. Maintenant. Ensemble. L'heure du conte a sonné.

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