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  • Olivier Pahud

Passe-passe sanitaire

La légitimité du « passe sanitaire » ne repose sur aucune base juridique suffisante. En l’imposant aux étudiants, les universités qui ont fait ce choix devraient retourner sur leurs propres bancs d’école.


La France a annoncé abruptement par son président le 12 juillet l’imposition d’un « passe sanitaire ». La Suisse l’a fait en douceur, pour exactement le même résultat ! On accuse parfois nos dirigeants de copier les voisins, en fait il faut se demander si ce n’est pas les voisins qui préparent sous mandat des helvètes l’opinion des confédérés…


La manœuvre mérite en effet d’être soulignée : après l’annonce de l’ouverture d’une consultation, expresse puisque ne durant que quelques jours, le Conseil Fédéral a annoncé que l’imposition du « passe sanitaire » ne se relevait pas nécessaire « pour l’instant ». Une semaine après, voilà qu’il est introduit avec effet quasi immédiat. Un tour de « passe-passe » qui fait croire que la dictature instaurée est encore une démocratie !


Que le sésame soit introduit pour l’hôpital, cela reste vaguement argumentable. Qu’il le soit pour les cinémas, les restaurants, les lieux de culture et autres lieux fermés devient franchement discutable. Que le Conseil Fédéral l’autorise pour les hautes écoles, et que des universités saisissent cette ouverture pour l’imposer sans consultation ni délai juste avant la rentrée, voilà qui ouvre carrément la réflexion avec nos institutions.


Car si les droits fondamentaux ont été pour le moins mis à mal depuis plus d’une année, cela serait « pour le bien collectif ». Mais qu’on restreigne l’accès à l’éducation supérieure, voilà un nouveau droit constitutionnel qui se prend un couteau dans le dos : « La Confédération suisse (…) veille à garantir une égalité des chances aussi grande que possible ».


La légitimité du « passe sanitaire » ne repose pas sur une base juridique suffisante. En imposant des contrôles aux étudiants, les universités qui ont fait ce choix, dans la précipitation, devraient retourner sur leurs propres bancs d’école. Au final, il est à craindre que ce soit à nous, les citoyens, devant tant de dérives de notre système, qui devront remettre la coupole au milieu du pays.

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