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  • Olivier Pahud

Un dimanche noir !

Les images sont là, parlantes, désolantes. Elles seront publiées.

C’est un dimanche noir pour la démocratie suisse ! La paraphrase avec Delamuraz est méritée, tant Genève a sombré, en pleine crise des plus majeure, dans des abimes dont seule une volonté tenace et inébranlable des citoyens pourra la sortir. Il n’y a pas de victoire si ce n’est celle du mal !


Un dimanche noir, où, à nouveau, urne a été trouvée sans scellé. Un dimanche noir, où plusieurs citoyens ont été empêchés de contrôler ces urnes. Un dimanche noir, où même une votante a été interdite de s’attarder vers son urne. Les images sont là, parlantes, désolantes. Elles seront publiées.


Un dimanche noir, où l’institution a triché. À tout prix, à n’importe quel prix, évincer le menteur, le voleur, alors qu’ils sont certainement pires. À tout prix, à n’importe quel prix, justifier la petite nouvelle, au point d’en tordre la loi, à la vue de tous. À tout prix, à n’importe quel prix, rejeter tous recours, eût-il fallut que ce soit la Chambre constitutionnelle qui s’y salissent les plumes. Le quidam lambda est laissé loin derrière, seul compte encore l’intérêt suprême d’une élite au bras long.


Un dimanche noir, où l’institution a gagné, monstre broyant le citoyen, et les plus faibles de ses membres, les enfants. Le feu vert est allumé, du conseil d’administration de l’hospice au Conseil d’Etat, circulez, il n’y a rien à voir. Ce même hospice qui finance sa bonne part dans les hospitalisations sociales, ces enfants dont la seule tribune fut celle du 1er mars, première page d’un tout petit jour. La loi du silence a encore prévalu dans la République. Comme le livre noir qui alarmait déjà en 2010, coule le temps sous les ponts des législatures, le quotidien est toujours de cette même couleur.


La crise du climat est d’abord interne, destructrice, ravageante. Notre responsabilité est collective, quand on consent aussi massivement à laisser couler notre navire sans s’inquiéter ni de son prochain, ni de son capitaine. La politique se noie, entre ceux qui croient participer en portant à peine petite croix et ceux qui dessus font une croix. Ce dimanche noir augure de jours sombres, en cette période où 2000 ans plus tôt on a sacrifié d’une seule croix, en s’en lavant les mains au bassinet facile d’une majorité.


Ils crient victoire, ceux qui ont crucifié notre démocratie. Dimanche noir pour ceux qui ont passé au vert, laissant le rouge sang des écrasés sur la route de notre liberté à tous. Quand les grosses machines prennent toute la route, il ne reste au simple piéton que le bien peu d’espace, qu’on diminue à mesure, pour se réfugier. Ce n’est pas parce que, resté sur le bas-côté, je ne connais pas le chemin. Je ne me suis jamais retiré de cette course inégale, en tortue de la fable. Le lièvre s’amuse toujours d’une victoire qu’il croit trop facile.


Evolution Suisse entend faire valoir la constitution, imposer la transparence. Ne compte pas le pouvoir, mais la détermination. Une équipe humaine, à l’engagement profond, patriote, volontaire. Mettre à l’épreuve nos institutions, exposer ses travers, mettre en lumière ses dérives, pour que, au-delà de ces jours sombres, de ce dimanche noir, de cette période pascale, renaisse comme nouvelle-née notre démocratie, dans cette nouvelle Jérusalem qu’est l’éternelle Genève.

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