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  • Olivier Pahud

Un exécutif putatif ?

" En prêtant serment, Fabienne Fischer l'aura simultanément brisé !"


En prêtant serment comme Conseillère d’Etat, Maître Fischer aura simultanément réussi l’exploit de le briser. Mais à profiter d’un avantage indu, cela justifierait un silence entendu, fût-il au prix d’un parjure. Genève n’est plus à une « Genferei » près, terme qui existe déjà depuis le XIXe. Cela prêterait à sourire si la situation n’était si dramatique et lourde de conséquences…


L’élection du 28 mars a bien sûr consacré l’avocate pastèque, verte à l’extérieur et rouge à l’intérieur, faisant ainsi basculer le Conseil d’Etat à gauche. Reste que, pour l’heure, tous les recours ne sont pas levés et que celui d’Evolution Suisse pourrait bien annuler dite élection.


Pour qu’un scrutin soit annulé, il incombe que le vice soit important et de nature à influer sur le résultat du scrutin nous apprend la jurisprudence. En l’espèce, sans la participation surprise et illégitime de la dauphine Bachmann au 2ème tour, tout porte à croire que le résultat aurait été tout autre.


Il est aisé de constater en effet en ce début de printemps que la droite a récolté plus de voix que la gauche, mais dispersées sur trois candidats incapables de s’entendre. Le mot d’ordre manifeste d’une « intelligentsia » occulte aux commandes de ce scrutin était : « Tout sauf Maudet ! ». Ceci, à tout prix, même celui de l’illégalité.


L’avenir dira si le Tribunal Fédéral sera plus appliqué à défendre notre état de droit que la Chambre constitutionnelle ne l’a été. La maniclette mériterait en tous les cas un prochain « Prix Genferei », tant il ne s’agit plus juste d’un délit entre petits amis mais bien d’une vaste machinerie qui touche toute la République, médias y compris.


Le grand perdant restera notre démocratie, l’autorité suprême du peuple, celui qui s’est donné la peine de l’urne. Qui pourra encore blâmer l’abstentionniste après pareille supercherie ? Et surtout, qui payera les pots cassés de tel déni du droit ?


Car les conséquences ne sont pas anodines ; avec un exécutif à gauche, chaque décision qui sera prise devra potentiellement être ultérieurement revue. Et c’est le contribuable qui en assumera les frais, comme de bien entendu. Au-delà de la politique bidirectionnelle, combien de temps le citoyen va-t-il encore cautionner ce chaos si bien organisé ?


Evolution Suisse entend faire valoir notre constitution ; l’état de droit n’est pas subsidiaire. Pour évoluer, il nous faut en premier lieu rétablir nos fondations et résoudre la problématique profonde qui a mené à ses effondrements. Le temps de l’impunité fut long et prospère, il est à présent terminé.

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